Histoire de Moras

Le nom de Moras viendrait d'une racine pré-latine *murr au sens de « hauteur, tertre, éminence », qui a donné *MOR- accompagné de la racine pré-gauloise ATE.
Ernest Nègre dit : Moras au XIIIe siècle, du franco-provençal mouro, « mamelon de terrain », avec un suffixe augmentatif -
On peut toutefois noter que le même site cite aussi le germanique *môra, « marais » pour d'autres lieux. Le lieu est au milieu de l’Isle Cremieu, paysage de collines dont Moras ne diffère pas, sur un versant, tandis que le bas du village est occupé par un étang au centre d'un grand marais.
Le hameau de Moraize, juste derrière une autre colline est situé au-dessus d'un autre marais asséché où se tenaient des étangs.
A noter une particularité le « s » de Moras se prononce alors que ce n’est pas le cas pour les communes environnantes tel que Panossas et Frontonas.
En patois, les habitants de Moras s'appellaient : " Lo Moraillos"

Les premières traces d'occupation remontent à la Préhistoire (date indéterminée). Des éléments de construction de cette période ont été trouvés dans le lac de Moras (documentation S.R.A). Par ailleurs le site de la grotte de la Garine située non loin de la Pierre Femme présente un niveau d'occupation du paléolithique supérieur.Les chercheurs ont répertorié du matériel lithique et des os de marmotte et de cheval.
Des tegulae et des traces de canalisation d'époque gallo-romaine ont été trouvées en bordure du lac de Moras et à proximité du hameau de Moraize (ibid.).
En 1864 des pêcheurs affirmèrent que leurs filets étaient gênés par la présence de pieux au fond du lac.

L’ancienne église dédiée à St Christophe (maintenant la chapelle du cimetière) est construite en 1147 et la paroisse de Moras apparait pour la première fois en 1172 dans les dépendances de l’abbaye de Saint-Chef. Elle fait partie de l'archiprêtré de La-Tour-du-Pin de 1350 à 1606, date à laquelle elle passe sous l'obédience de celui de Crémieu. Elle dépendra de l'évêché de Vienne jusqu'en 1801.

 Le début de la construction de la Tour de Moras commence en 1280 et sa prébende (revenus)  revient à l'abbé de Saint-Chef
L'enquête pontificale de 1339, signale deux maisons fortes : l'une avec tour, maison forte dite tour de Moras, inscrite à l'inventaire général du patrimoine culturel, région Rhône-Alpes9; et l'autre décrite comme « maison fortifiée mais pas forte », «  unus ipsorum nobilium habet in dicta parrochia domum fortem cum turri et alius habet domum deffensabilem, sed non ita fortem » ref
Vers 1450 plusieurs bâtiments sont construits autour de la maison forte et fixent le bourg  tel qu’il est aujourd’hui.
Au XIV et XVème siècles est construit le Château de Frétignier, d’abord pavillon de chasse de la puissante famille de Loras puis agrandi au XVIème siècle. Catherine de Médicis et Charles IX y séjourneront en 1564.
Avant la Révolution française, la monarchie soutient la réaction seigneuriale par les édits de triage, et attribue en 1778, au comte d'Esparre et à Mme de la Tournelle les deux-tiers des bois possédées collectivement par la communauté villageoise, d'une superficie totale de 600 arpents. Ref
 
Pendant la nuit du 28 au 29 juillet 1789 des pillards révolutionnaires s’attaquent au château de Frétignier et à la  Tour de Moras.
Le château de Frétignier est partiellement brulé mais la Tour de Moras a résisté aux flammes et n’a pas nécessité de reconstruction.

La révolution voit l’arrestation d’un prêtre réfractaire, le citoyen Périer par la Garde Nationale de Moras mais aussi une certaine virulence des habitants de la commune à propos du tracé de la route de Crémieu à Bourgoin.
En effet en décembre 1790, deux projets été présentés pour le tracé de cette route. Une pétition, datée du 12 décembre 1790 et rédigée par les commines de Vénérieu, Veyssillieu et le Conseil Général de la commune de Moras sollicite une nouvelle direction et propose un troisième projet : « faire passer la route par Vénérieu, Le Moulin de Tortu, le Lac de Moras, Crisieu, Moirieu,Mallin et de là à Crémieu »
L'arbre de la liberté planté aux premiers temps de la Révolution française a eu la chance de prendre racine. Mais, à la fin de la décennie révolutionnaire, il est abattu le 22 ventôse an VI (12 mars 1798)
Lors de la révolution de 1848 pour le remplacer, un marronnier est planté devant le pavillon du château de Frétignier. Il a pris sa place dans le folklore local : on raconte qu'il a été arrosé avec cent litres de vin lors de sa plantation.
Il a été coupé au début des années 2000.
 
En 1891 est construite la nouvelle Eglise du village. Sa rénovation intérieure date de 1934 et lui donne son aspect intérieur actuel.
En 1937 est érigée la nouvelle croix en pierre de Frétignier qui était précédemment en bois.
Le 21 août 1977, la commune a accueilli un public considérable pour le Comice agricole organisé sur la commune. Au programme : concours de labour, messe en plein air,, banquet, défilés de chars fleuris, concours bovins avec en soirée, un grand bal sous chapiteau.